Les banquiers n'ont-ils plus gout à rien dès qu'une PME dépasse les 150 M€ de valorisation? Déjà, le marché est sec.. mais alors que penser si quelques belles marques sont aussi délaissées faute de crédit? Le retrait de la vente de Roche Bobois alors que le processus de vente était bien avancé va t-il rester un cas isolé ? Rien n'est moins sur.. tant la météo des banquiers est morose et incertaine à moyen terme.
Rothschild mandaté en espérait plus de 200 M€
Pour rappel, Rothschild avait un mandat des deux familles fondatrices de Roche Bobois. Mais cette belle enseigne, rapportant 220 M€ de chiffres d'affaires connue dans le monde entier avec plus de 200 magasins de meubles haut de
gamme n'a su, in fine trouver preneur. Pourtant, fidèle à son habitude, le banquier de l'avenue de Messine avait entrepris un très large tour de table et en espérait plus de 200 M€. Peine perdue, beaucoup de fonds, pourtant actifs sur le créneau et sur cette taille de société, n'ont donné suite au mémo. Roche Bobois a pâti d'un concours de circonstances peu opportunistes, il faut bien le dire. Neuf mois auparavant, tout aurait pu être bien différent.
Un seul fonds avec un financement ferme
A ce stade de l'analyse, plusieurs éléments peuvent expliquer ce "loupé". Tout d'abord, l'enseigne est aussi propriétaire des magasins Cuir Center et Maison
Coloniale (170 magasins à eux deux) et ce dernier, ne serait pas dans une aussi bonne situation que "ses cousins". Deuxièmement, les actionnaires historiques ne voulaient pas tout céder. Troisièmement, le prix espéré tournait autour de 240 M€. Quatrièmement, l'assèchement des crédits et la situation économique mondiale sur fonds de récession américaine n'inspire rien de bon. Ainsi en janvier dernier, alors que ce blog annonçait en exclusivité les LBO -réussis- d'Etanco et Frial -pas encore closé à ce jour néanmoins-on était dans la phase finale pour Roche Bobois (lire article).Quatre fonds étaient alors en piste dont L Capital, le fonds d'investissement
de LVMH, spécialisé sur les segments de la distribution et de
l'équipement de maison ou de la personne et LBO France. Mais seul le premier avait un financement ferme..et pour un prix de 200 M€. Très déçus, les fondateurs et actionnaires (dont Siparex et Banexi Capital Partenaires pour une minorité du capital depuis 2001) ont donc décidé de décliner l'offre. Enterré pour l'instant, le dossier devrait revenir ultérieurement car se pose toujours un problème de succession..
Gérard Darel dans les mains d'Edmond de Rothschild Corporate Finance
Alors qu'il y a encore six mois, les ratios d'achat pouvaient encore dépasser les 10 fois l'Ebitda, l'heure est assurément à la plus grande modération sur les prix de cession. D'où la raréfaction des candidats aussi à la vente. Pourtant un bel actif vient de surgir sur la place, tel un oasis dans un désert. Marque très connue dans la mode du prêt à porter et au positionnement rajeuni depuis la campagne de publicité incarnée par Charlotte Gainsbourg, Gérard Darel est une très belle PME de 36 ans réalisant plus de 150 M€ de chiffres d'affaires dont 50 % à l'export avec 110 enseignes dans 40 pays - dont 60 en propre. Créée par le couple Darel, Gérard et Danièle. c'est actuellement leur fils Laurent qui en est le directeur général.
Edmond de Rothschild Corporate Finance, et plus précisemment Laurence Danon -qui a rejoint le banquier d'affaires le 1er septembre dernier, quelques mois après son départ de la présidence du Printemps- en charge de cette cession, trouvera t-elle le compagnon idoine? Il est trop tôt pour le dire, mais malgré les très bons résultats de cette société, son "handicap" aujourd'hui, à l'heure d'une conjoncture morose et attentiste, reste d'être dans le textile.. un secteur -en plus.- toujours regardé avec beaucoup de circonspection par les banquiers. Il se murmure déjà que beaucoup d'entre eux auraient déjà décliné..A suivre donc...






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