Dans le private equity, l'année 2008 ne sera pas comme les millésimes qui l'ont précédée. Finis les jumbo deals où la dette coulait à flots et où les banquiers de la dette se battaient pour être MLA (mandated lead arrangeurs) sachant qu'il ne resterait quasiment rien de leur prise ferme dans les jours suivant le deal. Finies les enchères à foison où chaque actif (ou presque) faisait l'objet d'une empoignade bien musclée remportée in fine par le mieux disant (accompagné bien souvent par un financement déjà ficelé en amont du deal). Finies de fait les valorisations excessives, la dette ne pouvant plus jouer son rôle de "faiseur" de TRI, n'en déplaise à certains. Finies enfin justement les sorties "faciles" jumelées à des TRI bien alléchants pour tout LP's (investisseur institutionnel) avides de retours hors normes. Et c'est bien cela qu'ont vécu les principaux acteurs de cette communauté. Ils n'ont pas à en rougir d'ailleurs, le marché était ainsi.
Changer le modèle
Mais aujourd'hui finie la belle époque, tous l'ont bien compris depuis cet été et d'ailleurs point de lamentations ou de sanglots sur un temps désormais évanescent. Au contraire, les fonds vivent cela avec une certaine philosophie, comprenant que les affaires ressembleront moins à du pain-béni, certes. Mais haut les cœurs, n'est-ce pas à nouveau l'occasion d'exercer leur vrai métier en apportant savoir-faire et expertise pour faciliter le développement des sociétés ? Et s'il faut changer le modèle, eh bien changeons-le. Les grands fonds brassant des milliards trouveront surement de nouveaux outils de financement via leurs propres ressources ou d'autres modes d'ingénierie financière.
De nouveaux horizons
Les fonds mid cap, eux, ont déjà entrepris leur mutations. Certains comme FPG-LFPI ou LBO France par exemple, ont bien anticipé la fin des "jours heureux" en déployant leurs investissements vers de nouveaux horizons, qui avec du small et mid cap, qui avec l'immobilier ou des fonds de fonds (FPG LFPI a créé une structure l'an passé basée à Geneve avec un fonds, LFPE, qui a déjà collecté 120 M€ et investi dans 8 fonds européens). D'autres ont lancé des véhicules moins susceptibles d'être touchés par la crise et même plutôt enclins à s'avérer comme des instruments de substitution à la dette classique, en panne sèche pour le moment. Vous l'avez compris c'est la mezzanine (c'était le cas de l'IDI mais aussi de Capzanine ou encore de FPG-LFGI) mais aussi le one stop shopping qui fournit tout en un.. à l'instar de ce que fait European Capital.
Cap sur le sponsorless
Mais la dernière tendance c'est bien celle du sponsorless dans le cadre de LBO minoritaires. D'aucuns ont font déjà leur pain quotidien comme NI Partners (dans Geoxia ou Ceva notamment) mais beaucoup de fonds mid cap plutôt arc-boutés "majoritaires only", réfléchissent à leur mutation vers ce concept, décelant un potentiel bien plus grand de deal flow. Activa Capital, LFPI ou encore Argos Soditic affûtent leurs armes.. sans parler des nouveaux fonds en cours de levée, comme ceux de François Véron à la tête de New Fund (déjà arrivé à la moitié de son premier closing fixé à 50 M€) ou de Stéphane Moreau présidant aux destinées de Montbrun Capital (lire article précédent)






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