2007 sera à marquer d'une pierre blanche puisque c'est l'année de transition pour le private equity et notamment le LBO. Après un 1er semestre toujours aussi actif, l'arrêt brutal du financement,cet été, aura réveillé les consciences. Et les hommes bien sûr. Ainsi, plusieurs départs auront marqué ce millésime, bien souvent pour se lancer dans l'aventure de nouveaux fonds. Malgré les récents soubresauts. Il est vrai que certains sont partis avant le renversement du marché. C'est le cas de Xavier Marin dont le départ d'Eurazeo (chez qui il était depuis 2002 et qui avait notamment piloté le dossier Europcar) date d'un peu avant l'été ; depuis lors ce dernier travaille sur le lancement de son nouveau fonds. Eurazeo, présidé par Patrick Sayer, a recruté dans la foulée Virginie Morgon, qu'il connaît de longue date puisqu'elle était associée de la banque Lazard depuis 2000.
Création de deux fonds mid cap orientés sponsorless
D'autres sont partis dans le courant de l'été avec des projets de création fonds résolument innovants.
C'est le cas de Stéphane Moreau (photo à droite), jusqu'alors directeur général délégué des fonds direct Acto et mezzanine Acto Mezzanine (détenus par Finama PE) qu'il avait créés. Désormais il pilote son fonds baptisé Montbrun PE avec l'idée de jumeler un fonds mid cap "traditionnel" et un véhicule de type mezzanine-sponsorless.. une vraie tendance (lire article ci-dessous). C'est aussi le cas de François Véron, laissant Cita derrière lui pour lancer NewFund."Nous sommes à la moitié de l'objectif du 1er closing, d'un montant de 50 M€", dit-il (photo ci-dessous).
Des souscriptions recueillies auprès d'entrepreneurs qu'il connaît déjà bien pour les avoir suivis dans sa vie antérieure tels qu' Antoine Bello et François Lamotte, fondateurs d’Ubiqus, Grégoire Lassalle, directeur général d’Allociné ou Xavier Caïtucoli, fondateur et président du directoire de Direct Energie. Au 1er semestre, l'investisseur s'attèlera à la partie des institutionnels. Son mot d'ordre: faire du capital-développement innovant sur des sociétés en hyper croissance quelles que soient leur âge et leur taille. Son concept : très peu de recours à la dette, travailler sur le business case et le développement commercial, avoir une relation très proche avec les entrepreneurs (lire aussi cet article) .
Angle spécifique pour levées menées à bien
Dans ce nouvel écosystème encore mal identifié, d'aucuns, et sûrement à juste titre, se sont aussi demandés s'il fallait encore relever un nouveau véhicule. C'est le cas de Quartus Gestion qui avait soldé beaucoup de ces lignes. Finalement et avec une équipe bien plus limitée pour l'instant, Patrick Jemelin a décidé de relever un second véhicule (lire l'article Quartus). Mais mieux vaut avoir un angle spécifique pour séduire les LP's. C'est le cas, ce second semestre, de Capzanine (320 M€), Edmond de Rothschild Capital Partners (300 M€), ou de Montefiore dont la stratégie "Focus & Growth" a permis de réaliser le premier closing de son second fonds à près de 70 M€ et d'envisager 150 M€ à terme (lire articles sur ce blog déjà écrits). Le financier ,créé par trois associés dont Eric Bismuth (voir photo à droite)
en 2005, vient d'ailleurs de s'inviter au capital d'Asmodée Group, un éditeur et distributeur de cartes à collectionner réalisant 28 M€ de chiffre d'affaires. Mais de façon générale, les deals se sont raréfiés depuis l'été surtout dès que l'on atteint les 300 M€ de valorisation; pour les sociétés plus modestes, l'accès au financement reste encore possible mais la donne a changé.
Mouvements dans les équipes LBO
D'autres départs, pas encore annoncés officiellement, ont eu lieu ou sont en cours. Chez Mbo partenaires, Hubert Méraud, directeur associé depuis le début du fonds est parti. Chez 3i, dans le département LBO, c'est Alice Escoffier qui a quitté l'investisseur avant les trêves du confiseur. Chez OFI PE c'est le directeur des relations investisseurs depuis un an et demi, Ludovic Prévost, un ancien de l'agent de placement Global PE, qui vient de rejoindre Natexis PE pour seconder Laetitia Beillard aux relations investisseurs du groupe. Chez L Capital (le fonds sponsorisé par LVMH) on observe aussi des départs et notamment à Paris celui de l'un de ses directeurs, Jean Cailliau. Ce dernier après seize ans dans le groupe LVMH et huit chez L Capital (fonds sponsorisé par LVMH) prend donc le large et crée dans un premier temps Wayak, une structure de conseil pour les managers exerçant dans "le consumer goods et retail" lors d'opérations de capital-investissement.Mais il n'est pas exclu qu'il rejoigne ensuite un autre financier pour développer sa practice.
Olivier Bossan rejoint Argos Soditic
Dans le financement, c'est le départ d'Olivier Bossan (photo à droite) d'IDI Mezzanine (lire l'article Olivier Bossan) début octobre qui annonçait un peu la couleur des mutations au sein de certains fonds.
Car s'il a rejoint dans un premier temps la banque d'affaires Wagram Corporate Finance - dont il avait soutenu le développement- c'est auprès d' un fonds mid cap de renom, en l'occurrence Argos Soditic, qu'il va poursuivre ses activités dès janvier en utilisant son savoir-faire en mezzanine. En effet, le fonds créé en 1989 par Gilles Mougenot et gérant 420 M€, s'inscrit dans cette mouvance des acteurs cherchant à se diversifier. Créer de nouveaux véhicules, différents du "LBO majoritaire" s'imposaient. Olivier Bossan aura donc pour mission de lever un véhicule mezzanine/capital développement, nommé Argos Expansion, réunissant de 100 à 150 M€ qui servira à financer des entreprises de croissance cherchant des ressources pour financer des acquisitions et sans diluer de façon trop importante les actionnaires existants.Coté dette LBO, Jean-Marc Barrabes (photo
ci-contre) a quitté Bank of Ireland (BOI) pour lequel il avait monté l'équipe en France depuis 2005.
Selon nos informations, il rejoindrait l'équipe leveraged Finance de GE Commercial France. Enfin, dans le capital-risque, pour rappel, on a surtout observé le départ d' Olivier Protard de Sofinnova (voir article Olivier Protard) et plus récemment celui de Pierre Martini de 3i pour rejoindre FCI comme patron du M & A au niveau mondial (lire article Pierre Martini).






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